lundi 29 juin 2015

Certains élèves de la classe de Tle D1 lycée Eben Ezer promotion 2014-2015. Je profite donc de ce cliché pour souhaiter à tous mes élèves de bonnes vacances (surtout studieuses). Je n'oublie pas aussi les personnels administratifs: PARE, MAMPASSI, MAVOUGOU, COULIBALY, BONANE, ......... Je reste ouvert à toutes le suggestions sur ce blog durant toutes les vacances!!!!!

samedi 28 mars 2015

EC15a version2 conception des dispositifs de formation avec technologies

Introduction
Le monde moderne de plus en plus semble s’acheminer ou du moins est résolument tourné vers les TIC. Et l’enseignement ne fait en aucune manière une exception. En effet l’outil informatique vient révolutionner les méthodes traditionnelles et offre une nouvelle manière d’appréhender les cours de ce fait ce cours intitulé : Conception des dispositifs de formation avec les technologies nous plonge au cœur même des TICE. Il s’agira donc pour nous à travers ce présent travail de saisir ce qu’est un Wiki avec toute sa complexité d’usage. Ensuite les rapports de divergence qu’il y a entre chat, blog, wiki et forum. Enfin nous les exigences de l’élaboration d’une carte conceptuelle.
I / Le wiki et la révolution pédagogique
Les wiki permettent de mettre en place plusieurs usages possibles : les livres, les résumés, les rapports sur les articles, Les dissertations de la classe, le journal de classe, le partage des ressources….. Ainsi les différentes matières des enseignements pourraient les utiliser à des fins pédagogiques propres. Dans la formation, un wiki peut servir à aider à communiquer à échanger des connaissances par rapport à un concept ou à un sujet de discussion. C’est donc un excellent outil dans l’optique de collaboration.
Avec wiki, le processus d’apprentissage devient un processus de production à la fois personnelle et collaborative. Il permet en effet une communication plus intéressante entre les élèves et les enseignants et aussi entre les élèves. Ce support offre de nombreuses perspectives, aider à communiquer à échanger des connaissances par rapport à un concept ou à un sujet de discussion. Avec wiki, le processus d’apprentissage devient un processus de production. Souvent lorsque les enseignants sont   confrontés à des problèmes ou des situations éducatives qu'on ne sait pas résoudre individuellement, si pour cela nous sommes besoin les partager avec nos collègues pour nous aider à les résoudre, donc il est fondamental d'apprendre à travailler de manière collaborative à l'aide d'un outil pertinent comme le Wiki. Des exemples pratiques peuvent facilement être trouvés : “un professeur de menuiserie peut poser un thème sur le wiki par exemple "Comment monter une chaise ?". Les élèves auront l'occasion de faire de recherche et de présenter leurs idées sur le wiki. Cela situera l'enseignant sur le niveau de sa classe concernant le montage d'une chaise. Une fois en classe, l’élève saura mieux et sans surprises comment orienter son enseignement pour que les élèves en profites au maximum.” Cet exemple montre déjà que le wiki familiarise l’apprenant avec son milieu de travail et lui permet d’être prompt et réactif. Loin d’un enseignement qui s’impose à lui comme du dehors, l’apprenant est associé à l’élaboration du savoir, toute chose qui lui est bénéfique.
Lorsque le wiki est bien exploité, il donne des avantages considérable qui peuvent se cerner sur plusieurs points : de l’intervention des uns et des autres va  naître le conflit cognitif, la résolution de problèmes, motivations intrinsèques, besoin de maîtrise, l’étayage entre pairs puisqu'il ouvre la voie pour que les apprenants coopèrent dans une dynamique ou les échangés asynchrones  les amènent à revisiter leurs connaissances et à les réorganiser.  L'apprenant apprend donc à exprimer une opinion critique sur ce qui est fait, à prendre de recul par rapport à sa propre manière de faire et de réfléchir toute chose qui poussent l'apprenant a s'impliquer dans une communauté d'apprentissage qui dépasse largement les murs d'une simple salle de classes et qui rend cette expérience encore plus riche. En quelques mots nous pouvons dire de façon succincte que:
  1. Un wiki produit très simplement un site web de contenu dynamique.
  2. Tout le monde peut écrire dans le site via son navigateur.
  3. Tous les internautes peuvent commenter un texte
  4. Le propriétaire d’une page peut gérer les permissions accordées aux utilisateurs (lecture, écriture et commentaires).
  5. L’historique d’une page est utile pour :
    1. Voir le processus d’écriture du texte (la compétence d’écriture ne s’adresse pas seulement au produit final).
    2. Voir si le travail d’équipe est réel, car on sait qui a fait quoi dans le texte.
II/ wiki, blog, forum, chat : convergences et divergences.
Le blog est aujourd'hui très apprécié des internautes. Il investit progressivement la sphère éducative et trouve son application dans le domaine de l'enseignement. Le blog permet aux enseignants et aux élèves de partager leur travail de réflexion. Il permet de donner plus d'importance à l'autonomie des élèves non seulement quant au choix de leur  apprentissage, mais surtout quant au rythme de leur progression scolaire. Par exemple, aujourd'hui l'usage d'un blog-classe est un outil d'expression et de communication très pertinent et très prolifique pour les élèves. Il s'agit alors de s'appuyer sur l'inter activité auteur-lecteurs et lecteurs-lecteurs pour faire du blog un espace de communication et d'échange à distance où l'enseignant propose aux élèves des activités leur permettant de mettre en œuvre et de développer des capacités, connaissances et attitudes dans un domaine donné.
1        Il est utilisé par les enseignants comme support d’enseignement et permet de mettre à la disposition des élèves des éléments du cours, des documents ... Certains l’utilisent même comme cahier de textes numérique.
2        Le blog est aussi un outil de communication avec leurs élèves grâce aux commentaires. Il possède effectivement la particularité d’être à la fois un espace de publication et un espace d’interaction (similaire au forum). Ainsi un enseignant peut écrire un billet (sujet de dissertation, élément de cours) auquel les élèves réagiront par le biais des commentaires.
3        Les blogs "projets" se développent de plus en plus. À ce moment-là, le blog devient un outil de collaboration entre les élèves et l’enseignant (IDD, TPE, projet de sortie scolaire, échange avec un établissement étranger ...)
4        le blog est aussi utilisé comme outil de suivi pour des élèves ou des étudiants en stage en entreprise.
Le forum  est un espace web dynamique permettant à différentes personnes de communiquer. Le forum est généralement composé de différents fils de discussion (le terme «fil de discussion» est parfois remplacé par sujet de discussion, post, thread, enfilade ou topic) correspondant chacun à un échange sur un sujet particulier. Le premier message d'un thread définit la discussion, et les messages suivants (situés généralement en dessous) tentent d'y répondre. L'objectif d'un forum est de créer une communauté autour d’une thématique. Le référencement d'un forum est phénoménal et il suffit de voir les résultats dans les moteurs de recherche quand on tape une question. Les forums conviennent pour étendre un site et pour proposer un espace personnalisé aux visiteurs. Ces derniers peuvent apporter leur contribution et on aura gratuitement du contenu. Il s'agit d'un service permettant d'échanger avec d'autres internautes, des informations sur un thème précis. Les utilisateurs des forums de discussion peuvent à tout moment intervenir et échanger à leur tour. On trouvera souvent newsgroups et news pour parler des forums de discussion. La communication sur un forum de discussions se fait exclusivement sous forme de texte et est envoyé à un serveur de news (un ordinateur stockant pour une durée limitée les messages sur un thème précis).

Le Blog, nommé par contraction des mots Web Log (carnet de bord web en anglais), est un site web personnel dans lequel un ou plusieurs auteurs publient au fil du temps des articles (aussi appellés posts ou billets), organisés en catégories et affichés dans l’ordre chronologique inverse. Les visiteurs du blog peuvent ensuite commenter le contenu des articles. Le blog est par essence individuel : à l’inverse des forums, ou chaque utilisateur est mis sur un pied d’égalité par rapport à la publication de contenu, le blog permet à un utilisateur (l’auteur, aussi appelé blogueur ou blogger) de présenter ses idées au reste du monde. Il arrive cependant que plusieurs auteurs se regroupent pour publier des articles autour d’un même thème dans un blog commun.
Le chat pour site internet est un excellent moyen de créer un lien vivant entre les gens du monde entier. La différence entre le chat et les messages, est que le chat est une conversation directe lorsque les deux personnes sont connectées en même temps. Ces dernières années, il existe des nouveautés dans le domaine du chat pour les sites internet. Si avant, nous ne pouvions qu'envoyer des textes par chat, aujourd'hui grâce au chat en ligne on peut avoir une discussion par des camera, et la possibilité d'entendre et de voir notre partenaire. Avant le chat était réputé pour son anonyme, aujourd'hui tout le monde se sert de sa vraie identité. les tchatcheurs utilisent un langage très particulier. On trouve par exemple les smileys comme mode d'expression. Ce sont de petits dessins créés avec les symboles du clavier pour donner une indication sur le sens d'une phrase. Par exemple :
 ;-) : clin d'œil
 :-) : rire
 :-)) : rire aux éclats
 :-( : tristesse
 ;-o : surprise
En fait, toutes les règles de bon sens font du chat un endroit agréable et communicatif ! Le chat est en général surveillé par des individus dits « modérateurs ». Ceux-ci ont le pouvoir d'exclure du chat toutes personnes qui étant « hors sujet » et peuvent dans ce cas leur conseiller un chat plus adapté à leur dialogue.
De ce fait on peut tirer comme conséquence que:
Convergences qui existent entre blog, forum, chat, wiki
- tous sont des outils numériques qui utilisent Internet pour fonctionner ;
- ils offrent une plateforme multi- utilisateurs ou plusieurs personnes peuvent interagir peut importe leurs localisations ;
-  ils permettent d'échanger des informations sous forme de textes, d’images ;
- tous utilisent la technologie du web et sont des pages web ;
- ils possèdent tous des outils de création, d’édition, de mise en forme des fichiers textes;
- ils sont tous des outils dédiés à la communication ;
Divergences qui existent entre blog, forum, chat, wiki
Malgré le fait qu'ils soient tous des outils dédiés à la communication, ils ont néanmoins des formes de communication différentes.
- dans un chat, la communication entre utilisateurs est instantanée et ceux-ci échangent autour d'un thème central ou tous sont des locuteurs ou interlocuteurs. Dans un chat, il n'y a pas de traces de documents.
- Dans un wiki, il n' y a pas de communication instantanée et chaque personne invitée peut modifier le document. De plus, il offre plusieurs possibilités d'échanges: soit à travers un document commun qui est construit avec les apports des membres inscrits, soit encore un outil de discussion intégré dans lequel il peut se créer un mini forum. seules les personnes inscrites peuvent apportées des modifications à la page web ;
- dans un forum, c'est un espace ou un sujet est crée par une personne et des internautes inscrits à celui-ci apportent des éléments de réponses;
- un blog est un espace personnel ou l'on publie des articles que l'on soumet aux internautes et ceux-ci peuvent apporter des commentaires ou encore noter les articles.
Il faut noter que tous ces outils sont des banques de données d'informations numériques mises pour la plupart à la disposition des internautes du monde.
- Avec les « forums » vous correspondez par message (discussion en différé).
IV/ les difficultés liées à l’utilisation de ces nouveaux outils
Les nouveaux outils pédagogiques issus des TIC donnent un éventail large au système enseignement apprentissage en décuplant toutes sortes possibilité. Cependant il faut admettre que son utilisation ne va pas sans difficultés. En effet on peut soulever entre autre qu’il y a une  réticence dans le partage des idées : ceci s'observe surtout chez les apprenants. En effet, les apprenants non avertis ont du mal à partager leur idées avec des pairs. Le fait de savoir qu'on se fait lire n'agrée pas tout le monde. La neutralité des informations : aucune possibilité de modération. Ce qui rend difficile l'attribution de rôles et le respect de ceux-ci dans l'édition d'un wiki. La pollution ou le bruit : tout individu peu poster des messages sur le wiki, même si ceux-ci sont de faible importance ou non pertinents. Connexion Internet obligatoire : la connexion internet est requise pour l'utilisation du wiki ; ce qui pose des difficultés de son usage dans les régions non connectées. On peut aussi noter qu’il y a une neutralité des informations : Sur un wiki, n'importe qui peut se prétendre rédacteur en chef. Chacun peut donc déterminer les sujets qu'il souhaite traiter, mais aussi définir la manière dont le sujet va être abordé sur le plan social, économique, politique, etc. cela peut donner lieu à des difficultés des consignes, une mauvaise interprétation peut manifester par des apprenants. Aussi certains blogs finissent par être abandonnés, car son leur animation continuelle exige beaucoup de volonté et de disponibilité. A des visées pédagogiques, les blogs sont généralement utilisés pour mener des activités d’apprentissage bien précises ; lorsque ces dernières sont terminées, les élèves ont tendance à abandonner leurs blogs.
V/ La carte conceptuelle un outil efficace et dynamique pour l’apprentissage-enseignement
Les cartes conceptuelles sont des outils pour l'organisation et la représentation des connaissances. Elles contiennent des concepts, généralement mis dans des boîtes ou des cercles, et des relations entre ces concepts, qui sont indiquées au moyen de lignes. Les mots sur ces lignes précisent la relation entre deux concepts. Autrement dit-Il s’agit donc d’un schéma permettant de mieux saisir le rapport qui existe entre les différents concepts évoqués par le concepteur de la carte. En présentant une vue d’ensemble sous forme de schéma en deux dimensions, le concepteur exprime du même coup la connaissance qu’il a des concepts liés au sujet, ainsi que la sa capacité à relier ces connaissances pour former des propositions plus complexes. . La carte conceptuelle reprend la façon dont le cerveau fonctionne, c'est pourquoi il est très facile de s'approprier le concept. En effet, toutes les cartes conceptuelles ont une chose en commun. Elles ont une structure organisationnelle intuitive qui part du centre et utilise des liens, des symboles, des mots, des couleurs et des images rappelant à votre cerveau quel était le concept de base. La carte conceptuelle peut convertir une longue liste d'informations monotones en un diagramme coloré, facilement mémorisable et organisé de façon optimale par rapport à votre projet. Le moyen le plus facile de comprendre la carte conceptuelle est de la comparer réseau routier d'une ville. Les routes principales partant du centre, représentent les idées clés de votre projet. Les routes secondaires ou les embranchements représentent un degré de granularité supplémentaire, etc.. La carte conceptuelle est le reflet de votre mode de pensée modélisé grâce à un procédé graphique très puissant, qui fournit une clé qui ouvrira d'autres dynamiques de votre cerveau.
La carte conceptuelle fait écho à la théorie des apprentissages en ce sens qu'elle s'intéresse à la l'organisation ou la réorganisation des informations pour une mémorisation plus aisée. Elle permet :
  •  une présentation plus simple des informations ;
  • elle s'utilise afin de planifier un curriculum ;
  • elle facilite l'apprentissage coopératif, elle peut également s'utiliser pour l'évaluation des acquis des apprenants bien que cette pratique ne soit pas encore très vulgarisée. « Des apprentissages signifiants : Selon Ausubel (1968), la création de liens entre les connaissances est fondamentale dans le processus de construction de connaissances puisqu’une information ne peut devenir une connaissance tant qu’elle n’est pas reliée de façon signifiante aux connaissances antérieures d’un individu. C’est d’ailleurs en s’appuyant sur cette théorie que les premiers usages de la carte conceptuelle en éducation ont été élaborés dans les années 1980 (Novak et Gowin, 1984).
  • Une aide à la structuration des connaissances : Le fait de nommer les connaissances incluses dans la carte et de rendre
    explicites et plus précises des associations implicites et souvent confuses de mots favorise la construction de significations (Fisher, 2000) ainsi que l’organisation des connaissances en structures mentales cohérentes.
  • Un traitement interne actif des connaissances : L’activité consistant à faire construire des cartes de connaissances incite l’apprenant à créer et à réviser constamment ses représentations internes (Anderson-Inman et al., 1998). Pour Anderson-Inman et Zeitz (1993), l’activité de création de cartes conceptuelles constitue une « stratégie d’étude active pour des apprenants actifs ». Pour Jonassen (Jonassen et Marra, 1994 ; Jonassen, 1998 ; Jonassen, 2000), l’activité de construction d’une carte de connaissances incite les apprenants à s’engager dans des processus de traitement profond des connaissances visées.
  • Un outil d’amplification cognitive : Pour McAleese (1998) et Fisher (1990), la carte de connaissances constitue une extension de la mémoire de travail et permet ainsi de réduire la charge de traitement cognitif.
  • Un moyen de favoriser la pensée réflexive : La carte de connaissances permet à l’apprenant d’adopter une position d’observateur face à ses propres connaissances et à ses processus cognitifs. C’est un excellent exercice pour apprendre à « manier les idées » (Novak et Gowin, 1984).
  • Un outil d’autorégulation cognitive : La construction de cartes de connaissances peut faire émerger chez l’individu ce que Piaget a appelé des conflits cognitifs pouvant mener au changement conceptuel (Tsai, 2000). Placé devant de tels conflits, le sujet met en œuvre un processus d’autorégulation cognitive, conçu comme un processus intentionnel de résolution de tensions internes entre les représentations mentales de l’apprenant et leur représentation externe (McAleese, 1998). C’est pourquoi, pour Novak et Gowin (1984), l’activité de construction d’une carte conceptuelle permet d’ ‘apprendre à apprendre’.
  • Une aide à la compréhension et à la mémorisation d’une représentation du domaine décrit dans un texte : Des recherches ont mis en évidence le rôle facilitateur de la création de cartes de connaissances pour la lecture et la mémorisation (Breuker, 1984). »
Dans une première approche nous avons fait ressortir qu’a priori les cartes conceptuelles ne présentent aucune limite d’utilisation en pédagogie. Elles nécessitent avant tout d’être bien présentées et explicitées aussi bien aux utilisateurs qu’aux formateurs qui s’en serviront. La technique d’utilisation des cartes conceptuelles peut présenter cependant quelques réactions lors de son utilisation. Néanmoins
                                                                                                                                              -                  -risque de surcharge cognitive ;
- difficulté d'établissement des relations inter-conceptuelles (création des liens entre les nœuds) ;
- problème de lisibilité en cas de complexité ;
- difficulté de mise en évidence du message général ;
- difficulté de formalisation ;
- difficulté de limitation du contenu ;
- difficulté de cohérence ;
- contrainte de précision et de concision ;
- risque de rétention d'informations utiles.

VI/ De l’efficacité du blog dans l’enseignement-apprentissage de la philosophie
Au terme de cette analyse nous pouvons retenir que tous les outils, qu’il wiki, forum, chat, blog ou carte conceptuelle sont tous appropriés pour un usage pédagogique efficace. Dans le cadre de notre pratique professionnelle nous pensons que le blog est plus indiqué. En effet nous sommes dans un pays ou il y a d’énormes difficultés face à l’utilisation des outils informatique. L’ordinateur n’est pas très souvent accessible à la grande majorité des élèves. En plus la connexion coûte très chère et n’est pas toujours de bonne qualité. De ce fait à partir du blog le professeur peut faire des posts et inviter ses élèves à y faire un tour. Il peut par exemple mettre sur son blog au fur et à mesure de l’écoulement de l’année les cours qu’il aborde à la suite. Il peut aussi proposer des exercices : les élèves prennent les exercices et les traitent dans un temps déterminé ; le professeur peut soit proposer la correction sur le blog, soit faire la correction en classe. Ou s’ils préfèrent il peut faire une correction brève en classe et faire une correction plus détaillée sur son blog et informer ses élèves de la réalité des faits ;   Les élèves peuvent ainsi se connecter à partir de cyber café et prendre connaissance des cours et aussi faire un commentaire et pourquoi pas apporter des suggestions. Cet investissement n’est pas très onéreux et a le bénéfice de ne pas occuper un temps fou dans l’emploi de temps des élèves, temps qu’il pourrait utiliser ou mettre à profit autrement. En plus tout le monde va à l’essentiel que ce soit les élèves ou l’enseignant. Il suffit de s’entendre sur un minimum et de montrer aux élèves comment fonctionne un blog
Nous préférons le blog au forum car dans le forum l’apprenant est constamment sollicité. Cela nécessite d’énormes investissements de la part de l’apprenant. Il doit pouvoir se connecter tout temps et faire des recherches alors que pour les élèves des classes de terminale cela est très difficile parce que les emplois de temps n’offrent pas assez d’heures creuses.
Le chat quant à lui est encore plus difficile à mettre en pratique. D’abord le réseau internet est très défaillant. Dans la ville Bobo Dioulasso nous sommes souvent amenés à poursuivre le réseau de quartier en quartier suivant les délestages de courants. Donc de point de vue il est quasiment impossible de communiquer en temps réel. Ensuite nous pouvons dire aussi que cela demande beaucoup de disponibilité chez le professeur. Ce qui n’est pas toujours évident. Enfin il faut que les élèves soient motivés et perçoivent les enjeux de participation.
Le wiki peu aussi peut être intéressant mais pour la philosophie nous lui préférons le blog car le wiki peut occuper beaucoup de temps. Il demande aussi que les apprenants soient régulièrement présents sur le wiki pour l’animer.

Conclusion
Au total nous pouvons dire que les nouveaux outils issus des TIC révolutionnent l’enseignement. Si hier l’enseignant était confine entre les quatre murs d’une classe et faisait face à des élèves qui l’écoutaient et prenaient notes, aujourd’hui les choses semblent bouger. On peut avoir une classe avec des élèves venant de zones géographiques différentes. Plus besoin de se connaitre physiquement ! Cela n’a plus d’importance. Les barrières sont levées. L’école d’aujourd’hui peut se concevoir virtuellement et les apprenants ont la possibilité chacun chez lui d’apprendre à son propre rythme. Les outils comme le wiki, le blog, le chat, le forum et la création de carte conceptuelle rendent encore ce type d’enseignement plus performant à condition de l’adapter à chaque situation.

Bibliographie
http://fr.wikipedia.org/wiki/Forum(informatique)
Peraya, D. (2015). Cartes conceptuelles. TECFA Université de Genève.
Novak J. D. (1995): "Concept mapping to facilitate teaching and learning" in Perspectives,
25.
« Les logiciels de construction de cartes de connaissances : des outils pour apprendre », in Dossiers technopédagogiques, du site Profetic – Intégration des TIC et nouvelle pédagogie universitaire


mercredi 18 mars 2015

LES INSTRUCTIONS OFFICIELLES DE L’ENSEIGNEMENT DE LA PHILOSOPHIE AU SECONDAIRE AU BURKINA FASO

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INSPECTION DE PHILOSOPHIE
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LES INSTRUCTIONS OFFICIELLES DE L’ENSEIGNEMENT
 DE LA PHILOSOPHIE   AU SECONDAIRE  AU BURKINA FASO



1.     L’identification du contexte


2.     Les finalités et objectifs de l’enseignement de la philosophie


3.     L’esprit de l’enseignement de la philosophie


4.     La méthode d’enseignement de la philosophie


5.     Le contenu d’enseignement de la philosophie










De façon générale, l’enseignement de la philosophie vise à permettre aux élèves de faire l’apprentissage d’une réflexion libre et critique en vue d’être des citoyens éclairés[1]. L’enseignement de la philosophie au secondaire doit initier les jeunes à l’élaboration et au développement d’une pensée conceptuelle, problématisante  et soucieuse d’argumenter.

L’enseignement de la philosophie au secondaire au Burkina Faso s’étend sur trois années, de la classe de Seconde à celle de Terminale .Toutes les séries sont concernées. Cet enseignement est essentiellement une initiation des élèves à la réflexion philosophique.

Dans les classes de Seconde, il est axé sur l’histoire de la philosophie en vue de donner aux apprenants une culture philosophique et de leur faciliter l’accès à la lecture des auteurs.

Dans les classes de Première, l’accent sera mis sur les différentes méthodologies de la dissertation et du commentaire de texte philosophique, et de l’étude de quelques notions. Cette initiation s’approfondit en Terminale par l’étude des notions, des œuvres d’auteurs,  des extraits de texte et des questions au choix. Cette initiation doit tenir compte de la psychologie de l’adolescent, du niveau d’instruction et de la culture des élèves.

1.  L’identification du contexte

Historiquement héritier du système éducatif français, l’enseignement de la philosophie au Burkina Faso continue de perpétuer bien des aspects de cette tradition d’enseignement philosophique.

D’un point de vue juridique, l’enseignement de la philosophie trouve sa légitimité dans la Constitution du 2 juin 1991 et dans la Loi d’Orientation de l’Education 013 /2007 /AN du 30 juillet 2007 et  la Lettre de Politique Educative (juillet 2008).

Ces différents textes insistent particulièrement sur la formation de l’individu, l’homme burkinabè de demain orienté,  pour ce faire,  vers les idéaux de paix, de tolérance, d’amour du prochain et de la Nation burkinabè.
La philosophie et son enseignement en particulier, dans le contexte général de l’éducation nationale, au secondaire, visent à former un burkinabè responsable, soucieux de liberté et capable de réflexion par l’exercice systématique et souverain de sa raison,  lui permettant de comprendre ses contemporains et de participer avec le même niveau de responsabilité et de conscience à l’épanouissement de l’humanité.

La philosophie est par excellence la discipline scolaire conçue et pratiquée à travers son enseignement systématique, formalisé et non formalisé pour la liberté, la responsabilité et la capacité souveraine à faire usage de sa raison.

Dans ce monde tumultueux et divers, où les défis personnels, nationaux et internationaux sont aussi nombreux que complexes, la toute première ressource à cultiver et à magnifier demeure, plus que jamais, l’homme dans ses rapports avec soi-même, avec les autres et l’environnement tant social que naturel. La philosophie et son enseignement constituent la principale voie pour y parvenir : la sagesse humaine, cet art de se bien conduire dans la vie  est la finalité de la philosophie tandis que son enseignement sert de médiations conséquentes.

La position charnière de cet enseignement dans le cursus scolaire au Burkina Faso tient non seulement à la spécificité intégrale de ladite  discipline mais aussi et surtout, à l’étendue infinie de son champ d’investigation et à la noblesse de sa finalité. Toutes les questions  que se pose l’homme, la concernent et sont toutes susceptibles de réflexion la plus approfondie possible à la dimension de l’humanité fondamentale de l’individu.

Dès lors, on comprend l’urgence et la pertinence de la relecture des programmes,  leur flexibilité (exigée de la philosophie elle-même) et l’exigence méthodologique de leur enseignement. La finalité de l’enseignement de la philosophie étant non seulement la connaissance des problèmes humains,  en ce qu’ils ont comme rapport avec l’avenir et le devenir de l’humanité, mais aussi et surtout la réalisation  d’un homme libre, responsable et vertueux.


2.   Les finalités et objectifs de l’enseignement de la philosophie

La philosophie, à l’instar des autres disciplines de l’enseignement secondaire au Burkina Faso, concourt à la réalisation de la principale finalité du système éducatif : le développement intégral et harmonieux des jeunes burkinabè afin qu’ils soient des citoyens responsables, producteurs et créatifs.

Mais l’enseignement de la philosophie comme discipline particulière répond à des objectifs spécifiques dans l’enseignement secondaire que les présentes instructions officielles précisent.

En rappel, l’enseignement de la philosophie au Burkina Faso est de tradition française. C’est pourquoi, s’appuyant sur les Instructions officielles françaises de 1925, l’inspecteur Dabiré Louis (1944-2008)[2] distingue  entre des objectifs d’ordre  intellectuel ou cognitif et des objectifs d’ordre  moral ou  relevant du savoir-être. Cette distinction reste d’actualité même s’il nous parait utile d´y ajouter le plan des savoir-faire et de préciser qu’en ce qui concerne la philosophie, il y a une hiérarchie entre ces trois plans. Les objectifs du plan des savoirs et des savoir-faire ne sont que des moyens vers le plan moral ou du savoir-être qui est donc le plus important pour l’enseignement de la philosophie. De plus pour tenir compte de notre contexte socioculturel et aussi surtout pour insister sur la nature propre de la philosophie, il faut souligner que le cours de philosophie s’inscrit dans une perspective fondamentalement rationnelle : une rationalité consciente de ses limites et de la multidimensionnalité de l’homme.

Sur le plan intellectuel ou cognitif, l’enseignement de la  philosophie vise à transmettre des savoirs :

·        un vocabulaire technique de la philosophie ;
·        une connaissance des auteurs et doctrines philosophiques ; 
·        une connaissance de l’histoire de la philosophie ;
·        une connaissance de l’état actuel des problèmes fondamentaux qui se posent à l’humanité et les diverses propositions de solutions qu’elles soient rationnelles ou non.

Sur le plan du savoir-faire, l’enseignement de la  philosophie vise l’acquisition d’un certain nombre d’habiletés à travers les exercices scolaires de la dissertation, du commentaire et de l’explication de textes  philosophiques :

·       problématiser : identifier, poser ou expliciter un problème ;

·      conceptualiser : clarifier avec le plus de rigueur et de précision les concepts ;

·      argumenter : adopter une démarche critique et objective sur un problème, trouver et organiser des arguments pour y proposer une solution rationnelle et raisonnable.

Sur le  plan moral ou du savoir-être, l’enseignement de la  philosophie vise à faire du jeune burkinabè :

·        un homme éclairé qui use de sa raison avec perspicacité et tolérance ;

·        un homme libre et responsable, qui agit en toute autonomie, rationnellement et raisonnablement ;

·        un homme digne, conscient de sa condition d’homme et qui l’assume aux  plans  individuel et collectif.


3.   L’esprit de l’enseignement de la philosophie

L’enseignement de la philosophie dans les lycées au Burkina Faso consiste à faire du jeune burkinabé un citoyen responsable, producteur et créatif. Cet enseignement joue cependant un rôle spécifique, dans la mesure où il intervient au moment même où le jeune se trouve confronté aux choix qui structureront sa vie d’adulte et de citoyen.

L’enseignement de la philosophie dans les lycées au Burkina Faso s’inscrit dans cette finalité comme une contribution spécifique de cette discipline à l’édification de ce profil d’homme.

Le système éducatif en attend énormément car comme le stipulait l’UNESCO, la philosophie, « dans la mesure où elle construit les outils intellectuels nécessaires  à l’analyse et à la compréhension des concepts essentiels de justice, de dignité, de liberté, où elle permet d’acquérir une pensée et un jugement indépendant, où  elle stimule l’esprit critique nécessaire à la compréhension du monde et de ses enjeux, dans la mesure enfin où elle favorise la réflexion sur les valeurs et les principes, la philosophie est une école de liberté (…) à mettre au service de l’éducation…  L’initiation du plus grand public à la philosophie est essentielle au développement d’une culture démocratique. Elle contribue à la formation de citoyens libres par la formation d’un jugement autonome, le développement de l’esprit critique, de la force d’argumentation, l’acceptation de la contradiction, la soumission à la seule autorité de la raison. Son enseignement est une école de la responsabilité, de la citoyenneté et donc indispensable à l’enracinement de la démocratie »[3].

Enseigner la philosophie au secondaire au Burkina Faso  ne devrait pas consister à donner des cours sur la philosophie, à encombrer les cahiers et les têtes des élèves avec des connaissances philosophiques produites par le professeur où d’autres philosophes auxquelles ils ne comprennent pas grand-chose. Enseigner la philosophie au secondaire,  c’est apprendre aux  lycéens à penser par eux-mêmes une situation, à la problématiser, à la conceptualiser et à argumenter leurs positions en s’appuyant sur des faits (exemples), des réflexions (doctrines et théories). Le professeur de philosophie devrait d’abord se convaincre que la philosophie n’est pas une matière de connaissance à apprendre, mais un processus,  une méthode de pensée  à acquérir et  à mettre en œuvre en situation.

Aussi œuvrera-t-il à faire prendre conscience aux élèves que l’essence d’un discours philosophique réside dans son aptitude  à poser un problème et à s’élever  à un niveau universel de la réflexion. L’étude des notions, des œuvres d’auteurs, des questions au choix, des méthodes de la dissertation et du commentaire sont  des occasions qu’offre le programme à l’enseignant pour renforcer et évaluer le niveau d’assimilation de ses compétences fondamentales  du philosopher en mettant les élèves en situation de pouvoir les déployer. Ainsi, l’enseignant devra se convaincre qu’ils sont tous capables  de philosopher pour peu qu’il s’engage à leur apprendre avec patience à exercer leur jugement de manière rigoureuse et critique.

Il ne devrait donc renoncer à  soumettre pendant le cours les questions de démographie, de responsabilité, de gestion du pouvoir politique, d’évolution économique, de pratiques culturelles, bref, à  convoquer les problèmes réels de leur cadre de vie  pour les entraîner à les analyser sous la grille de la critique philosophique.  Ce n’est point de la subversion mais plutôt l’éducation à une analyse objective et rationnelle des situations pour des attitudes responsables et dépassionnées. Ce n’est que dans un tel esprit que l’enseignement de la philosophie apportera sa pierre déterminante à la formation du citoyen.


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    4. La méthode d’enseignement de la philosophie

La liberté est l’élément constitutif, fondamental de l’enseignement de la philosophie. Par conséquent, le professeur de philosophie est libre de sa méthode et des idées exposées en classe. Les référentiels annexés aux programmes de philosophie dans ce contexte essaient de baliser un minimum  de contenu et peuvent être organisés autrement par le professeur. Car le cours de philosophie, bien qu’il soit personnel, ambitionne de parvenir à une certaine forme d’universalité. L’ordre d’exposé ou de présentation des axes du cours dépend  des problématiques posées qui orientent la logique d’ensemble du cours. Cependant, la construction du cours relève entièrement de la responsabilité du professeur.

Si la préférence méthodologique  marquée doit être la prise de notes spontanée par les élèves, il reste entendu que le cours dicté ou résumé est aussi une possibilité offerte à l’enseignant eu égard à la rareté des documents dans les établissements d’enseignement secondaire. Un tel résumé dicté devra être précédé d’une séquence d’explication et d’échange sur le contenu.

La méthode socratique ou la maïeutique pourrait valablement servir à initier les élèves à la philosophie. La maïeutique désigne cet art d’accoucher les esprits, cette méthode par laquelle Socrate conduit la recherche de la vérité par une pratique philosophique de l’interrogation. La maïeutique permet à chacun des interlocuteurs, par le dialogue critique de prendre conscience de leur potentiel théorique à actualiser. 

Cependant, il ne faut pas oublier que cette méthode comporte des exigences dont le respect est la condition de sa réussite. Elle exige de la part du professeur des qualités ou des dispositions intellectuelles telles que : la sobriété dans la parole, la précision et la concision dans la pensée, la capacité à exploiter les apports ou les interventions des apprenants afin, soit d’y apporter des réponses adéquates ou judicieuses, soit de les prendre en compte dans la construction du cours.

Aussi, l’application de la méthode socratique suppose-t-elle que le professeur fasse autorité et soit maître de sa classe. Par ailleurs, elle est indiquée pour les classes à effectif réduit et nécessite la présence d’élèves dynamiques, éveillés, motivés, participant aux cours et pouvant ainsi susciter la participation des autres. A chaque professeur de philosophie de savoir à quel moment, comment et dans quel contexte, mettre en œuvre  la méthode socratique. L’essentiel est de parvenir à faire participer efficacement les élèves au mouvement de la construction du cours.

Pour une participation plus active et efficiente des élèves, le professeur de philosophie peut user des proverbes, des dictons et autres références de la sagesse africaine  afin de mieux les aider à comprendre les problèmes réels de leur cadre de vie. Les apprenants pourront d’eux-mêmes mesurer l’ancrage du cours dans leur culture et leurs réalités quotidiennes. L’enseignant de philosophie est invité à se référer aux réalités, aux pensées africaines pour enrichir son  enseignement.

L’enseignant de philosophie doit se départir de tout pédantisme, de tout discours incompréhensible pour les élèves. Son rôle est, précisément, de les aider à comprendre, à saisir les théories ou les pensées philosophiques qu’il expose. Pour cela, son discours doit être adapté au niveau d’instruction ou de compréhension de ses élèves. Il faut donc éviter de tomber dans le piège du langage trop abstrait qui pourrait engendrer de l’ennui et du désintérêt chez les élèves. En tout état de cause, l’enseignant se souciera de  rendre son cours vivant et participatif.

La philosophie dans nos établissements d’enseignement secondaire est une discipline scolaire et une matière à enseigner. Cela ne doit pas échapper à l’enseignant lors de ses prestations pédagogiques.

Il veillera à  l’attention des élèves en faisant des évaluations à mi-parcours qui permettent d’apporter des corrections, des remédiations ou des précisions aux parties du cours qui n’auraient pas été comprises des élèves. A travers les débats suscités par les questions ou les objections des élèves, l’opportunité est donnée d’enrichir le cours.

L’évaluation formative doit donc être une préoccupation constante du professeur de philosophie. Elle est régulatrice de l’apprentissage et donne immédiatement à l’apprenant les critères de réussite. Elle permet non seulement de situer les lacunes des apprenants et les moyens de remédier à celles-ci, mais aussi les limites de la pratique pédagogique du professeur de philosophie.

Le cours de philosophie doit être une séance d’enseignement-apprentissage, ce qui suppose que la classe ne doit pas être passive. Il doit être interactif, animé, par les élèves, sous le contrôle de l’autorité bienveillante du professeur. Le professeur est invité dans ses démarches pédagogiques à privilégier les méthodes actives. La finalité du cours de philosophie est de permettre aux élèves d’"apprendre à philosopher", autrement dit d’apprendre à penser par eux-mêmes la réalité du vécu humain et du monde. Réussir une telle entreprise dans le milieu scolaire, suppose que le professeur de philosophie développe à son propre niveau des vertus comme l’écoute, la patience, la compréhension, la tolérance, l’intérêt pour le succès des élèves. Il devra donc être disponible à écouter les questions comme les réponses souvent maladroites, incompréhensibles, naïves des adolescents qu’il doit aider à grandir et mûrir intellectuellement.

Le professeur de philosophie pourra ainsi tirer  le meilleur parti des questions et des réponses de ses élèves en s’interdisant d’écarter ou de décourager (par l’indifférence, le mépris, le silence et le sarcasme) leurs efforts de constructions, de réflexions personnelles. Pour réaliser donc un enseignement-apprentissage performant de la philosophie, une relation enseignant-enseigné saine est déterminante. En effet, l’enseignement est mieux reçu et assimilé quand la prestation s’effectue dans un climat  de collaboration, de confiance et de respect mutuel. Seul un tel climat peut instaurer des échanges interpersonnels qui développent à la fois la personnalité et le sens social des élèves. Par là, l’enseignant de philosophie fait œuvre d’éducateur. Cette mission d’éducateur est à prendre en compte dans sa pratique pédagogique quotidienne en réaffirmant les valeurs de la société auprès des jeunes gens tout en les invitant à faire preuve d’esprit critique dans le  respect de ces valeurs morales. Il doit faire preuve d’une éthique professionnelle conséquente.
L’usage de  manuels  est autorisé en vue de la préparation du cours. Mais il ne doit pas conduire le professeur à en être prisonnier. L’usage des manuels s’explique d’abord, par l’absence de documentation  aussi bien chez les élèves que chez les professeurs ; ensuite, par les effectifs pléthoriques propres à nos établissements d’enseignement secondaire. L’enseignant, pour réussir sa mission, devra s’ouvrir aux différentes opportunités (manuels, documents électroniques, etc.) d’enrichir ses prestations, sans jamais perdre de vue que l’échange vivant et la discussion maîtrisée avec les élèves garantissent une promotion "socratique" des apprentissages.

La simple remise de polycopié qui dispenserait l’enseignant d’assumer son rôle pédagogique, ne saurait tenir lieu de cours de philosophie. Par conséquent, une telle pratique (solution de facilité) est interdite. L’usage de cours dactylographié ou saisi à l’ordinateur doit participer d’une dynamique pédagogique dans laquelle priment l’interlocution et le débat.

Au cas où, l’enseignant expose sa pensée ex-professo, il lui est vivement recommandé de veiller à ce que les élèves prennent des notes. A cet effet, l’enseignant de philosophie doit initier, encourager, ses  élèves à la prise de notes. Cette prise de notes doit être effective, voire impérative au-delà du cours dicté, c’est-à-dire pendant l’exposé oral. Dans cette initiation à la prise de notes, il peut aider les élèves en les habituant à son élocution, son accent de la parole, à son changement de débit, tantôt plus lent, tantôt plus rapide qui mettraient en évidence l’essentiel développé dans son discours.

Le professeur de philosophie a également un devoir de contrôle. Ce devoir doit le conduire à suivre constamment le travail des élèves et à s’assurer de la bonne prise de notes. C’est donc dire que le contrôle est une des fonctions pédagogiques les plus essentielles qui  peut se faire pendant la trace écrite. Le professeur de philosophie peut aussi, selon une certaine fréquence, prélever quelques cahiers pour vérifier la conformité, la justesse des notes prises.

La lecture des œuvres philosophiques et littéraires, des revues, des journaux, etc. est fondamentale et doit être considérée comme le complément indispensable de l’enseignement. Ces lectures permettent d’approfondir le contenu des notions déjà dispensées aux élèves. Le professeur doit donc encourager les élèves à lire. Une bibliographie est nécessaire en ce moment pour les orienter dans le choix de leurs lectures. L’enseignant pourrait inviter les élèves à fréquenter les bibliothèques et les autres lieux qui disposent de documentations appropriées pour leur assurer un éveil de conscience. Il s’évertuera à développer chez les élèves le goût de l’étude et de la recherche personnelles. Il  leur donnera un point de vue avisé sur le choix des lectures en privilégiant ce qui peut être le plus utile et le plus assimilable.

A chaque début de cours, le professeur de philosophie, à l’aide de questions judicieusement élaborées, s’assurera que le cours précédent a été compris. Ces questions bien préparées doivent permettre aux élèves de dégager les idées et les conclusions essentielles de la dernière séance et susciter chez eux un dépassement du cours par des interrogations, des objections, bref une réaction personnelle.

L’enseignement de la philosophie devrait  faire une place aux exposés des élèves. Le professeur décidera de leur opportunité, des thèmes à aborder et de leur attribution à des sous- groupes d’élèves. Sur proposition des élèves, les exposés pourraient porter sur une préoccupation, une lecture, une œuvre, un thème d’actualité susceptible d’être objets d’échange.

Le professeur doit avoir le souci de faire varier en classe les exercices. La discussion par exemple en portant sur une question précise sur laquelle les élèves auront à réfléchir à l’avance, peut donner lieu, le jour de son analyse, à des controverses où, chacun pourrait avoir un mot à dire en défendant une position. Ainsi la discussion permet d’instaurer le débat contradictoire en classe, d’accroître l’intérêt des élèves pour le cours de philosophie. La parole est partagée et le professeur la distribue efficacement à chaque intervenant en veillant à l’interpeller autant que possible par son nom et prénom. Une interpellation des élèves par leurs noms contribue à les motiver et les amène à se sentir valorisés et concernés par le cours.

Les dissertations philosophiques portent sur des sujets dont l’analyse permet aux élèves d’utiliser les connaissances du cours sous un aspect nouveau. Les sujets ne sont guère appropriés à une reproduction littérale, mécanique des notions abordées en classe. Une dissertation philosophique n’est pas la récitation d’un cours ou d’une partie du cours. Le sujet de dissertation philosophique pose un "problème" et sa résolution exige l’intervention de la réflexion personnelle qui ne saurait signifier  soliloque, mais dialogue vivant avec les pensées des autres, avec les autres dans la pensée. La dissertation philosophique est véritablement une œuvre de construction, un travail d’élaboration des idées en vue de les exposer avec ordre  dans le souci de convaincre. Elle permet de mesurer  l’intelligence de l’élève. Aussi, au vu de sa complexité, de ses exigences, elle doit être adaptée au niveau de maturité d’esprit des  élèves.

Le contexte d’enseignement de la philosophie au Burkina Faso  amène à initier progressivement les élèves aux techniques de l’argumentation philosophique dès les classes de Seconde. Par conséquent, à travers cet enseignement, le professeur doit conduire les élèves à :

-         s’exercer à la technique de lecture des textes philosophiques et à se former ainsi à l’histoire de la philosophie. Ces textes, prétextes à l’apprentissage du philosopher, doivent être accompagnés d’une grille de lecture contenant des questions telles que : définir le sens des termes difficiles, situer l’auteur (siècle, courant philosophique, idées, œuvres), repérer le thème du texte, identifier la question à laquelle l’auteur répond, repérer la thèse de l’auteur, les grandes lignes de l’argumentation du texte, etc. ;

-         s’approprier les techniques de la dissertation et du commentaire de texte philosophique. Cette appropriation passe par l’initiation à l’art d’argumenter (en insistant sur les jeux de rôles) et aux formes du raisonnement (la déduction, l’induction, l’analogie). Des exigences comme la rigueur, la démonstration, le sens de la progression dans l’argumentation et des références ou des illustrations doivent être maîtrisées par les élèves. Ils seront initiés à la dissertation et au commentaire de texte de façon progressive, en présentant d’abord les étapes de l’introduction, ensuite, les exigences du développement, enfin les étapes de la conclusion.

Au cours de cet apprentissage de la rédaction de la dissertation et du commentaire de texte philosophique, le professeur de philosophie a un devoir de correction de la langue des élèves. Il veillera à aider les élèves à s’exprimer de façon correcte, précise et rigoureuse.

En fonction de l’évolution du système éducatif burkinabè, le professeur de philosophie est convié à appliquer les nouvelles méthodes pédagogiques en vigueur en tenant compte de la spécificité de sa discipline. Il  veillera  au respect strict de toutes les recommandations, des instructions, de tous les consensus dégagés lors des séminaires de formation. Ainsi, sur le plan de l’évaluation, il veillera à l’application effective des grilles d’évaluation consensuellement élaborées, adoptées et validées lors des séminaires – ateliers nationaux aussi bien pour le commentaire que pour la dissertation et pour toutes les séries. De façon pratique, il optera pour les annotations de type descriptif (au détriment des types évaluatifs et émotifs) afin d’accompagner les corrections individuelles de notes remédiatives permettant aux élèves d’avoir un bras de levier pour une progression qualitative. Ces annotations individuelles seront renforcées par une correction collective organisée avec toute la classe .Tous  les sujets seront repris et corrigés ; enseignant et élèves en tireront toutes les leçons. C’est dire que l’enseignant inscrira toutes ses démarches pédagogiques dans l’esprit de l’évaluation formative à défaut de sa prise en charge totale et entière.




5. Le contenu d’enseignement de la philosophie

Les programmes sont assez explicites pour ce qui concerne le contenu de l’enseignement philosophique. Toutefois, quelques observations paraissent utiles et nécessaires.

Ainsi, il faut le rappeler, le programme de philosophie comporte une liste  de notions dont l’étude est déterminée par des problèmes philosophiques à l’initiative de chaque professeur. La liste des notions est présentée sous trois rubriques : « l’Homme et le monde », « la Connaissance et la raison »,  « la Pratique et les fins ». Il convient de préciser que ces  notions, pas plus que  les  associations de notions ne constituent obligatoirement, dans l’économie du cours élaboré par le professeur, des têtes de chapitres. Car l’idée de chapitre renvoie à un savoir déterminé, relativement autonome et clos sur lui-même. En philosophie, les notions ne correspondent pas à des parties séparables les unes des autres mais, au contraire, elles sont toutes étroitement liées et leur solidarité apparaît dans les problèmes qu’elles soulèvent.

Les notions des différents programmes sont accompagnées d’une liste de déterminations en termes de référentiels. Toute notion, on le sait, renvoie à un problème et il appartient au professeur de faire comprendre à l’élève le caractère profondément problématique de chaque notion. Le choix du problème doit tenir compte de la liste de déterminations. Quant à la formulation de ce problème, elle relève de la liberté du professeur. Ces éléments de repérages visent à permettre un meilleur ajustement du  cours par un contenu minimum exigible, objet d’une évaluation plus équitable.


Quant aux questions d’approfondissement au choix, elles correspondent chacune à un ensemble structuré de problèmes ancrés dans les traditions philosophiques, et qui participent du processus par lequel le monde contemporain prend conscience de lui-même et des interrogations qu’il suscite. Elles doivent permettre un approfondissement de la réflexion critique. C’est à partir de ces questions, que le professeur peut faire la démonstration qu’une culture philosophique permet non seulement d’apporter un « éclairage », parmi d’autres, sur tel ou tel type d’interrogation suscité par le monde contemporain, mais constitue une voie rationnelle sur laquelle il est possible d’aborder ces interrogations de façon « éclairée », c'est-à-dire en réduisant le poids des préjugés de toutes sortes.

La liste des questions ne prescrit aucun ordre de traitement, ni n’exclut que le cours s’organise, en partie ou en totalité, selon d’autres regroupements de problèmes. Aussi, est-il tout à fait concevable que telle ou telle de ces questions, qui définissent des directions d’approfondissement sans prescrire la substance de l’enseignement philosophique, ne donne pas lieu à un traitement thématique, mais plutôt soit prise en considération de façon différenciée à divers moments du travail pédagogique en  classe. Simplement, l’organisation du cours, qui relève de la liberté et de l’initiative du professeur, devra aussi manifester la spécificité de chacune des questions inscrites au programme et faire en sorte que l’apprentissage d’une réflexion philosophique autonome et critique permette à l’élève de s’orienter dans ces domaines de pensée.

La liste des auteurs détermine l’ensemble d’où pourraient être tirés les textes d’études et ceux proposés à l’écrit du baccalauréat.  L’étude de ces œuvres, dont le choix est laissé à l’appréciation du professeur, peut être conçue comme un approfondissement de telle ou telle partie du cours en rapport avec les notions et les questions figurant au programme.

Les divers éléments du programme (les notions accompagnées de référentiels, les questions d’approfondissement au choix, les auteurs, les  techniques de dissertation et de commentaire de texte philosophique) sont ainsi conçus comme définissant un cadre général à l’intérieur duquel le professeur possède l’entière liberté du choix des modalités de construction et d’organisation de son cours en fonction des besoins philosophiques de son enseignement. Cette liberté essentielle du professeur se trouve également réaffirmée et garantie par l’option consensuelle qui a été prise de donner des référentiels à la matière de l’enseignement philosophique. Autrement, cette structure n’invite nullement à faire  de ces différentes dimensions du programme autant de parties du cours requérant d’être traitées isolement. Ce principe qui montre l’unité du programme de philosophie doit aussi prévaloir pour la détermination des sujets d’examen.



[1] Selon Anatole De Monzie, dans les Instructions du 2 septembre 1925 de la France, l’enseignement de la philosophie rend un double service :
« D’une part, il permet aux jeunes gens de mieux saisir, par cet effort intellectuel d’un genre nouveau, la portée et la valeur des études mêmes, scientifiques et littéraires, qui les ont occupés jusque là, et d’en opérer en quelque sorte la synthèse. D’autre part, au moment où ils vont quitter le lycée pour entrer dans la vie, et, d’abord, se préparer par des études spéciales à des professions diverses, il est bon qu’ils soient armés d’une méthode de réflexion et de quelques principes généraux de vie intellectuelle et morale qui les soutiennent dans cette existence nouvelle, qui fassent d’eux des hommes de métier capables d’exercer le jugement éclairé et indépendant que requiert notre société démocratique ».
[2] Dabiré Louis, Guide pédagogique du professeur de philosophie, MESSRS/DIFPP, 1995.


[3]Document préparatoire de la 171ème session du conseil exécutif de l’UNESCO, printemps 2005, p.4.